Revue hebdomadaire sur Internet Indio Gris
Nº 96 An 2001 , JEUDI 28 MARS

Fusionne, dirige, écrit et correspond : Menassa 2002

NOUS NE SAVONS PAS PARLER NOUS LE FAISONS EN PLUSIEURS LANGUES:
ESPAGNOL, FRANÇAIS, ANGLAIS, ALLEMAND 
ARABE, PORTUGAIS, ITALIEN, CATALAN

La danza Interminable

INDIO GRIS, EST LE PRODUIT D´UNE FUSION
L´ÉCLAT DU GRIS 
ET 
EL INDIO DEL JARAMA
LA FUSION AYANT LE PLUS DE FUTUR DU 
XXIe SIÈCLE

Indio Gris


INDIO GRIS Nº 96

AÑO II

ÉDITORIAL

ENTRETIEN AVEC LE POÈTE MIGUEL OSCAR MENASSA

Dimanche, 24 mars 2002

Carmen Salamanca : Voyons…Menassa…entretien…

Miguel Oscar Menassa:  L’entretien…Qui est-ce ? Salamanca ?

CS : Oui.

MOM : Écoutez-moi, Salamanca…Vous travaillez pour le journal « El País ?

CS : Non, que je sache. Tout au moins ils ne me paient pas.

MOM : Faites attention, parce que tout ce que je vous dis à vous paraîtra quinze jours plus tard comme une nouvelle dans  « El País ».

CS : C’est que vous êtes un bon lecteur de la réalité.

 MOM : Vous croyez que j’anticipe.

 CS : Oui.

 MOM : Et pourquoi ces gens-là ne m’embauchent pas. Je leur donnerais les nouvelles quinze jours avant.

 CS : Ce qui m’étonne c’est que Polanco n’ait pas essayé de vous recruter comme directeur de « El País ».

 MOM : , analyste politique.

 MOM : Ou pour leur donner les nouvelles quinze jours avant. Vous avez vu…Les journalistes et les agences de publicité sont un peu grossiers. Avoir dit que ce gars italien…pauvre petit…

 CS : Berlusconi ?

 MOM : Non, l’autre. Il est un peu de droite mais ce n’est pas un fils de pute. Et les journalistes ont dit qu’ « il voulait couler le bateau avec tous les immigrants dedans » et lui, il avait parlé d’une mesure pour punir les contrebandiers après avoir sorti les immigrants du bateau , un avertissement aux contrebandiers d’armes. Et les journalistes ont traduit que monsieur Bossi  -comme ils ne l’aiment pas (parce que de droite oui, mais pas autant…Ils ne savent pas ce qu’ils veulent), alors ils ont dit :  « Monsieur Bossi veut couler un bateau avec 500 immigrants ».

 CS. Personnellement, la réapparition des Brigades Rouges m’a semblé curieusement opportune.

 MOM : Ehhh !

 CS : Oui, curieusement opportune.

 MOM : Ça ne le mettez pas. Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?

 CS :  Que c’est arrivé à point pour le gouvernement. Il peut ainsi se radicaliser un peu. Juste maintenant que les syndicalistes protestent. Il y a eu deux millions de personnes dans la manifestation d’hier.

 MOM : Vous doutez que les Brigades Rouges soient les Brigades Rouges. C’est ce que vous êtes en train de me dire ? Moi je n’oserais pas dire autant.

 CS : J’ai entendu une analyse politique, l’autre jour, qui disait que le grand danger de ce dernier attentat ce n’est pas la réapparition des Brigades Rouges mais qu’elles déstabilisent plus le précaire équilibre politique de l’Italie en ce moment. Que signifie qu’elles déstabilisent ? Ça peut être une radicalisation.

MOM : Je ne sais pas..

CS : Dites-nous ce qui va  se passer dans 15 jours en Italie.

MOM : En Italie…Je vous le dis et on va voir si je tombe juste… En Italie, dans quinze jours ils continueront à parler italien.

Public : en Italie il ne se passe jamais rien.

MOM : L’Italie est intervenue  dans environ 500 guerres. Elle n’a jamais gagné, ni même quand la guerre était contre les cultivateurs de citrouilles. L’Italie a le même problème avec la guerre que l’Espagne avec la démocratie. Elle essaie , elle essaie, elle essaie, mais elle ne peut pas arriver. L’Italie fait la guerre pour voir si elle gagne quelque chose et l’Espagne fait de la démocratie, de la démocratie et elle ne peut jamais la démocratie. Et je ne sais pas pourquoi c’est comme ça. Ça doit être qu’ils le désirent beaucoup. La psychanalyse dit que parfois pour que les choses viennent il faut faire comme si on était stupide. Et ces gens-là, ça les intéresse tant, ça , ça les intéresse tant qu’ils effraient la perdrix.

CS : Vous voulez dire que chaque pays a une esthétique ?

MOM : Plût au ciel !  Ils ont une morale. S’ils avaient une esthétique ils dépenseraient plus d’argent en éducation qu’en armes pour faire plier l’ennemi. Il me semble bien que vous croyez à ces choses-là parce que, comme vous êtes jeune et à moi on m’a dit que sans une forte désillusion il n’y a pas de croissance possible, ça me semble bien que vous croyez à toutes ces choses parce qu’ainsi, quand viendra la désillusion, vous écrirez mieux.

CS : Psychanalyse du leader, 27 août 1977 : « Dans les relations intersubjectives la seule chose que l’on risque est un peu de sécurité, un peu d’argent, le reste est bénéfice, tout humain. »

MOM : Mais lui, ce qu’il ne savait pas à ce moment-là c’est que l’argent est la seule choses que l’on risque  dans les relations intersubjectives…Il lui dit, n’ayez pas peur, l’unique chose que l’on risque c’est un peu d’argent. Qu’est-ce qu’il dit encore ?

CS : Un peu de sécurité et un peu d’argent.

MOM : Quand j’ai dit cela les problèmes qui existent aujourd’hui n’existaient pas, aujourd’hui où l’argent et la sécurité sont deux problèmes de tous les états modernes. Vous comprenez un peu ce que je dis ? Comment n’allez-vous pas le comprendre. C’est très simple.

La phrase n’est pas mal. Je ne renie pas la phrase, le dire. Je dis simplement qu’à cette phrase il lui manquait de savoir qu’on ne risquait pas peu, parce que lui, à ce moment-là  il dit : « Regardez…Soyez en relation avec le monde, vous risquez peu, un peu de sécurité ». Mais là, la sécurité se référait à la sécurité de la mère, par contre, maintenant la sécurité  se réfère aux bombardements, aux armes de destruction massive, à l’unique possibilité des Etats-Unis de continuer à être puissant. La sécurité, l’invention des Etats-Unis quant à la sécurité, au-delà du fait que ce soit nécessaire ou pas : c’est le seul chemin facile, direct, où les Etats-Unis puissent maintenir leur pouvoir économique. Vous voyez que c’est vrai ? On ne risque qu’un peu de sécurité, nous entendons par sécurité les bras de la mère, non pas la création d’armes atomiques pour que quelques citoyens vivent tranquilles, non, je ne parlais pas de ça. Je parlais de la tranquillité dans les bras de la mère.

Justement, je suis en train de peindre un enfant dans les bras de sa mère attendrissant. Si 2 millions de peintres ne l’avaient pas fait avant moi, je serais un créateur, mais ce que je suis en train de faire, 2,5 millions de peintres l’ont fait. Vous pourrez dire : « Oui, mais pas aussi beau ». La beauté n’a rien à voir… La seule chose qui intéresse l’homme c’est la surprise,  non la beauté. Parce que l’homme avale peut-être la beauté, mais à la surprise il dit toujours que non. « Ça c’est pas ma maman »dit l’homme et c’est fini.

Moi, comme j’ai peur de l’amour je préfère surprendre les gens.

CS : Je suis en train de penser à ce que vous m’avez dit au début de l’entretien quand je vous ai répondu que vous lisiez très bien la réalité.

MOM : Vous m’avez adulé. Je m’en suis rendu compte. Mais vous êtes jeune et si je vous marque toutes les erreurs que vous commettez je ne vous laisse pas cheminer.

CS : Alors maintenant je vous dés-adule. Peut-être que les journalistes de « El País » sont lents et que ce que vous dites est déjà en train de se passer. Je dis ça parce que j’ai trouvé une phrase dans ce livre Psychanalyse du leader que  vous m’avez envoyé lire lors du dernier entretien, comme un manuel de philosophie psychanalytique, qui dit : « Écrire, on écrit toujours sur ce qui est en train de se passer. L’écrivain qui essaie d’écrire sur le passé ou d’annoncer l’avenir n’est jamais un grand écrivain. S’il écrit sur le passé il sera un bon psychanalyste, s’il annonce l’avenir il sera un visionnaire, jamais un grand écrivain. » J’espère que dans les lignes précédentes on entrevoit mon désir d’être un grand écrivain ». Ça c’est aussi de 1977.

MOM : Bon…Un tas d’années sont passés et il semble que maintenant je suis déjà un grand écrivain.

CS : Et vous continuez à écrire sur ce qui se passe ?

MOM : Aujourd’hui plus que jamais, pas comme un intellectuel de gauche, comme un  écrivain. En trompant le tyran, en ne donnant pas au tyran des renseignements pour que  le tyran vienne et tue, comme le font les intellectuels de gauche qui dénoncent n’importe quel mouvement, n’importe quelle situation pour que l’État soit en alerte ; c’est pour ça qu’un véritable créateur, un véritable créateur dit quelque chose et fait quelque chose que l’État, l’Université, la police de droites, de gauches, d’en haut ou d’en bas ne peuvent pas réprimer parce qu’elles ne se rendent pas compte de ce que c’est. Pourquoi ? Parce qu’un message bien dirigé, seul celui a qui il est dirigé le comprend.

CS : Alors Saramago perd son temps quand il recommande aux politiciens ( à propos, lui aussi il a copié Indio Gris) qu’ils lisent Blas de Otero. Ce n’est pas bien dirigé. Comment les politiciens vont-ils comprendre ce que c’est que la poésie ?

MOM : De plus, les politiciens l’ont lu et ils ont compris ce qu’ils ont compris. Et c’est ça qui est grave. Non qu’ils ne l’aient pas lu sinon qu’ils aient compris ce qu’ils ont compris. J’insiste à nouveau : un bon message –et le poème est toujours un bon message – ne fait lumière que chez celui à qui il est dirigé, non à son oppresseur.

Nous pouvons embellir la réalité autant que nous le voulons mais nous ne pouvons pas nier l’injustice, nous ne pouvons pas nier. Par exemple, il y a un philosophe actuellement qui est d’accord pour qu’au Pays Basque on parle en anglais. Mais si le hasard veut que ce philosophe soit catalan, ensuite quand ils voudront faire parler l’anglais en Catalogne, le philosophe sera alors contre l’État. Ainsi donc, personne ne pense à rien, chacun touche  son nombril et si son nombril est sain il dit qu’il y a de la santé et si son nombril est malade il dit qu’il y a de la maladie, mais personne ne pense à la maladie du monde, ni à la maladie des problèmes. Nous sommes un peu attrapé dans une espèce d’amour de la stupidité. Ne voyez-vous pas qu’il y a un conseiller de Rajoy dont ils veulent faire un politicien.. Maintenant, ils lui ont conseillé qu’il se moque de tout le monde. Et si cela se passe dans un pays civilisé –il n’y a pas de pays civilisé dans le monde –le peuple ne va pas voter pour une personne qui se moque des autres ; s’il se moque de ses camarades députés, comment ne va-t-il pas se moquer du peuple ? Et en parlant un peu de tout, j’ai appris  par la télévision que le Señorito Aznar, je ne peux pas l’appeler autrement cet imbécile de merde, a dit devant tout le monde, alors que les microphones étaient ouverts, que le discours qu’il venait de faire était emmerdant au possible. On ne peut pas vivre avec des gens comme ça. Moi je ne ressens pas ça quand je donne un cours à des élèves de 15 ans et lui, il ressent ça quand il est en train de parler avec les chefs du monde. Si Aznar continue à être le Président de la Commission Européenne, imaginez-vous ce qu’est le monde. Si le monde est capable de pardonner  cela c’est parce qu’ils sont en train de faire des affaires crapuleuses, de mauvaises affaires, des affaires honteuses. Ils sont en train d’escroquer la plupart des personnes nobles qui allons et votons pour ces fils de pute et ils sont encore là et personne ne leur dit rien. Si vous fumez un joint dans la rue, on vous met en prison, ce petit jeune boit une bière et on lui casse la gueule. Il y a de l’inégalité, il y a de l’injustice et ne venez plus me casser les couilles avec ces choses-là. Je n’aime pas parler de ces choses-là. Vous savez pourquoi ? Parce que je ne les comprends pas ces choses-là.

CS : Non.

MOM : Je comprends peu. Maintenant je vais donner un coup de griffe à celle-là. Un coup de griffe n’elle ne peut même pas s’imaginer. Ni elle, ni moi, ni personne, personne, personne.

CS : Je précise aux lecteurs que « celle-là » c’est le tableau et pas moi.

MOM : Tu as bien fait, parce qu’ils sont capables de croire n’importe quoi.

CS : Bien sûr, la situation du monde est inquiétante. Maintenant a lieu la fameuse tournée à travers les pays arabes pour chercher des appuis pour envahir l’Iran…

Public : Irak.

CS : Bon…Irak.

MOM : Mais vous avez vu comment sont les poètes ? Et vous, vous êtes bête et jeune, en plus ils envahiront aussi l’Iran.

CS : Il semble que ça a été un échec. Ils lui ont tous dit que non, même la Turquie, qui est son allié depuis toujours. Ils lui ont dit « qu’ils se coupent un cheveu » et qu’ils arrangent d’abord la question d’Israël et de la Palestine.

MOM : Bon…Mais c’est une affaire.

CS : Bien sûr que c’est une affaire. Les Etats-Unis ne vont pas renoncer à leurs intentions, ils remettront à plus tard..

MOM : Tu sais ce qui se passe ? Ils croient que la survie de l’espèce est en jeu. Ils sont fous, des fous. Ils croient que ce qui leur arrive à eux est ce qui doit se passer dans le monde du futur, ils sont tous fous. Aznar croit qu’il est en train de donner au peuple espagnol une bonne éducation, mais c’est faux un mensonge. Lui, quand il se réunit en secret avec ce Pío Cabanillas, qui devrait être portier de la télévision alors qu’il a été le patron de la télévision. Maintenant c’est le chef  des media  alors qu’il devrait être portier, portier de bordel, celui qui appelle les gens pour qu’ils votent, pour qu’ils baisent. Autrefois il y avait toujours un rabatteur qui attirait les hommes en leur disant : 

« Ici il y a des demoiselles ». « L’Espagne va bien, passez et voyez comme l’Espagne va bien ». Vous comprenez ce que je dis ?

CS : Oui.

MOM : Quoi de plus ? Allez, posez-moi des questions. Moi je me rends compte à quelle prison vous voulez m’envoyer, si à Alcatraz…

CS : Une autre phrase du livre : « Être les meilleurs, donc, ne sert à rien, soyons autre chose ».

MOM : Parce qu’être les meilleurs est ce qui correspond à être le pire. Qu’est-ce que je gagne quand je me mets dans la dialectique où se trouve le pire ? Parce qu’aujourd’hui je joue à être le meilleur et je suis le meilleur, mais c’est une dialectique où se trouve aussi le pire, donc, demain, c’est à mon tour d’être le pire. Mauvaise dialectique. Pas question d’être les meilleurs, être nombreux, et non pas être les meilleurs. Vous, vous me dites : Menassa, qu’est-ce que vous voulez ? Peindre le meilleur tableau du monde ou que dans votre école il y ait 30 peintres qui envahissent le marché avec une peinture bien faite, bon marché, réalisé comme un divertissement merveilleux, une rencontre entre amis, un poème qui surgit, une fille qui ouvre les jambes pour toujours…Ça c’est l’art, quand on se donne. Quand on se donne l’art reste  en  permanence ouvert, il peut entrer par n’importe quelle fente . Qu’est-ce que vous voulez faire, de la peinture ? Maintenant que Miguelito chante, je commence à chanter et je le gagne à plate couture.. Moi je chante très mal mais c’est tout un apprentissage, tout s’apprend. S’il a été capable d’écrire de la poésie, pourquoi ne vais-je pas être capable de chanter. Ou je suis plus loin de chanter que lui d’écrire de la poésie ?

CS : Évidemment, parce que tout est question de décision. Voyons ce que vous semble cette phrase : en 1977 Menassa savait déjà que nous allions faire «  Peindre à la maison ». Tout d’abord il dit : « Je vivais entouré d’animaux, petits et grands de toutes les couleurs, quiconque aurait dit « schizophrénie ». Moi j’ai dit « peintre », un ex abrupto de la nature, un rêve à vif ».

Et ensuite il dit : « La peinture, ce passage nécessaire pour un grand cinéma qui vit en nous ». « Peindre à la maison ». Une décision, on peut choisir un mot ou l’autre, schizophrénie ou poète, avec un mot tu te sauves…

Amelia Diez : Psychiatrie ou psychanalyse.

Vous viviez entouré d’animaux, petits et grands de toutes les couleurs.

MOM : Je les hallucinais un peu, mais,…vous voyez comme sont les gens ? Imaginez en 1977 comment était les gens.

CS : Beaucoup plus colorés.

MOM : Je me souviens d’avoir écrit (et je n’avais pas tort) dans le premier livre que j’ai publié en Espagne qui s’appelait Saut Mortel, je me souviens très bien qu’un certain jour l’écrivain écrit désespéré : « Ça fait trois mois que je ne suis pas entré en contact avec la pensée symbolique ».

CS : La pensée ?

MOM : Symbolique, quand personne ne dit rien à personne ça c’est la pensée symbolique, les mots parlent entre eux et si on est attentif, on comprend ce qu’ils disent, mais ils ne parlent à personne en particulier. Mais ici ça a été très difficile, à cette époque tout le monde pensait qu’ils parlaient entre eux.

CS : « Comme les choses arrivent en leur temps , pour l’instant je me consacre à peindre toute couleur, tout animal ou toute forme dont ma main droite se souvienne de ces jours inoubliables de mon adorable et fugace, brève folie. »

MOM : Bon.C’est aussi un concept théorique. La folie dure un instant, si tu la fait durer plus c’est une illusion. Mais si on tient compte du fait que les gens sont accoutumés  (les états les accoutument) à vivre d’illusions, ils vivent de l’illusion de la folie. La folie est un instant. Bon… Je dirais que la santé est aussi un instant.

CS : Mais dans cette phrase se trouve aussi l’idée du Grupo Cero de comment on apprend ou de comment on sait.

MOM : Je ne vous ai pas comprise.

CS : Ça m’a frappé : toute couleur, tout animal ou toute forme dont ma main droite se souvienne. Le savoir du peintre ne passe pas par la conscience. Nous pourrions le dire ainsi ? Ou il est ailleurs.

MOM : Le savoir de personne ne passe par la conscience. Ce qui passe par la conscience c’est la connaissance.

AD : Le savoir est hors de nous.

CS : Grâce à Dieu.

AD : Grâce à la psychanalyse.

MOM : Amelia Diez vous fait ces recommandations parce qu’elle assure que ces choses-là ne pourraient pas se dire ainsi si la théorie psychanalytique n’existait pas. C’est une chose dont nous pourrions converser.

Oui, s’il vous plaît…Que s’est-il passé ?

CS : Le temps.

MOM : Tout est déjà terminé ?

CS : Non.

MOM : Ah ! Vous m’avez fait une blague.

CS : Il y a une citation très curieuse : «  Tout le monde occidental et nous au milieu, est submergé dans le déluge universel chrétien, puisque deux exemplaires de chaque animal sont suffisants pour tout. Rompons avec le mystère chrétien, soyons un groupe . » C’est très intéressant cette vision du déluge universel chrétien.

MOM : L’idée n’est pas mauvaise. S’il y a de nouveau un déluge universel et que je suis le patron, je laisserais trois ou quatre[exemplaire] parce que je sais qu’il y a des choses qui échouent, mais je ferai la même chose. Calculez ce que vous êtes face au déluge.  Ce qui se passe c’est que les gens font ça ensuite quand ils vont en vacances. Dans le déluge…Dieu avait raison, pauvre homme, le déluge arrivait, ils allaient tous mourir et il a dit : « Non…Nous allons dire à Noé qu’il sauve deux poissons, deux chevaux, un homme et une femme et ainsi le monde se reproduira. Mais imaginez-vous que vous partiez en vacances et que vous croyez que vous devez  vous sauvez vous et votre image dans le miroir, vous et votre maman, qui sont deux.

Vous lisez un livre à moi et au lieu de lire un livre à moi vous êtes dans les bras de votre Maman en train de réciter la Bible. Ça, à Dieu ça ne lui plaît pas non plus, ne pensez pas que ça, ça lui plaise. Dieu dit : «  Regarde ce nigaud qui pourrait vivre un tas d’expériences vitales et au lieu de me laisser exercer mon rôle d’éducateur, non, il s’éduque tout seul, il se réprime tout seul. Je ne peux pas le punir, ni l’envoyer en enfer, mon purgatoire est vide… »

Public : Tout est en état de déluge.

MOM : Ça ne va pas. De cette manière même Dieu n’est pas content, c’est une catastrophe. Ainsi, de même que Bush dit : « Ceux-là pensent différemment de nous. Tuez-en 30.000 », Dieu fait plus ou moins la même chose. Les gens passaient une grande partie de leur temps à baiser, ils abandonnaient les enfants dans la rue, ils tuaient les gens qui étaient de trop…Alors il a dit : « Bon…Faisons une inondation et tuons-en 10.00 d’un coup ».

CS : C’est que nous usurpons les fonctions de Dieu.

MOM : Oui, bien sûr…Alors le type est en train de leur donner une éducation. Vous, vous croyez que Bin Laden existe, Bin Laden n’existe pas, celui qui existe c’est Dieu. C’est Dieu qui a puni ce peuple parce que ce peuple ça fait plus de dix décennies qu’il tue partout des enfants , et ce n’est pas nécessaire d’être tout en haut d’une maison, il les tue à la campagne, à la mer, à la montagne. Comment croyez-vous qu’un homme soit capable de punir ça ? Tous les hommes du monde sont répertoriés dans les fiches du service d’intelligence de l’état Nord-américain et quand ils se lèvent le matin ils décident à quelle heure je dois faire mes besoins, à quelle heure je dois aller manger, avec qui je dois coucher. Dieu est le seul qui pouvait mettre une bombe aux Etats-Unis. et à moi, ne me racontez pas d’histoires.

CS : Je viens de me souvenir d’une histoire. Sur le fait que nous usurpons le travail de Dieu. On va canoniser Escrivá de Balaguer, fondateur de l’Opus Dei. Il y en a un qui dit : Regarde un peu, on va le sanctifier pour une seule œuvre. Alvarez del Manzano, on devrait directement on va le nommer Dieu ». [NT : Jeu de mots entre « œuvre » et « travaux » qui se disent de la même manière en espagnol.. Alvarez del Manzano est le maire actuel de Madrid. Il circule beaucoup de blagues sur lui. Il a transformé Madrid en un chantier permanent vu le nombre de travaux qui s’y font. ]

MOM : Moi je crois que le peuple espagnol vote de cette manière  parce que Alvarez de Manzano est le maire de Madrid et en plus de ça, ça fait très longtemps qu’il est là. Voyons, pourquoi le peuple espagnol vote pour ces candidats ? Parce qu’il peut se moquer d’eux. Peu lui importe qu’ils soient bons ou mauvais.

CS : Pour rire d’eux?.

MOM : Si Hitler arrivait ils sont capables de voter pour  lui juste pour se moquer de sa petite moustache.

CS : J’ai enfin trouvé une raison.

MOM : Ouïe…La petite moustache et la petite moustache. Je n’ai voulu souligner aucune similitude  entre la petite moustache et la petite moustache. Il y a plus de gens qui ont porté la moustache. Clark Gable portait la moustache.

CS : Errol Flynn.

MOM : Que la moustache d’Errol Flynn était jolie !

Public : Charles Chaplin.

MOM : Charlie Chaplin avait aussi  une très jolie Moustache. Je ne sais pas si ça me plaît mais ça y est.

CS : Le tableau, non ?

MOM : Il y a une chose ici…

Public : Comme elle est jolie ! Une fille avec un voile…

MOM : Là, c’est le prophète Isaïe. Là une pute, dans toutes les religions il y a des putes. C’est pour dire du mal de la femme. Ce n’est pas qu’ils disent du mal de la femme, ils disent du mal des putes.

CS : Et pourquoi ils disent du mal des putes ?

MOM : Pourquoi ils disent du mal ?

AD : Pour dire du mal de la mère.

MOM : L’existence de la prostitution est possible parce que les hommes en général, sauf de rares exceptions, ne choisissent jamais bien avec qui ils vont vivre. Jamais. je ne vais pas vous dire qu’il y a 8.000 films sur ce thème mais il doit bien y en avoir 80-90-200. Sans prostitution il y aurait plus de suicides, plus d’assassinats dans les ménages. Vous devez penser que tout ce que l’État ne détruit pas alors qu’il pourrait le détruire c’est parce que ça lui convient : trafiquants de drogues, prostitution, proxénètes, et comment appelle -t-on ça ?  pornographie infantile. Parce que l’État pourrait en finir avec toutes ces choses mais il ne le fait pas, elles occupent beaucoup de gens.. Ils violent les lois fondamentales, même si vous me répondez : « oui, mais la loi fondamentale est de manger, et en fin de compte l’homme n’a aucune autre loi fondamentale ».Dès que nous apprendrons, dans les prochains pas que nous allons faire, que l’Espagne ne va pas si bien, vous allez voir que là ils perdront quelques votes. Parce que dire que l’Espagne va bien, que l’Espagne va bien, ça veut dire que le citoyen mange, continue à manger et qu’il y en a deux de plus qui mangent et qui avant ne mangeaient pas, et c’est ça l’Espagne va bien. Ou comme le cas de Felipe Gonzalez qui a perdu le pouvoir à cause d’une attaque de moral du peuple espagnol et ça maintenant ça lui coûte cher. Parce qu’à cette époque c’est vrai que l’Espagne allait bien. On avait fait toute les restructurations que l’on devait faire. Felipe Gonzalez n’était pas très de gauche. Je ne sais pas ce que veulent les gens. Soit parce qu’ils te laissent sans nourriture soit parce que ta morale ne coïncide pas. Mais, bien sûr, ce sont deux choses très graves.

Nous ne pouvons pas penser que la mafia japonaise soit meilleur que l’État japonais ou que le gouvernement japonais parce que lors du dernier tremblement de terre, les couvertures, les premiers repas et les premières aides sont arrivés grâce à la mafia. Pour ces gens-là, à ce moment –là c’était correct, mais seulement pour ces gens-là et à ce moment là.

AD : et le socialisme a démontré qu’être pauvre ce n’est pas la même chose qu’être bon.

MOM :  En plus, ça ils n’ont pas pu le supporter… C’est une punition pour je ne sais pas combien de temps, parce que la punition est contre nous. Combien de temps allons nous devoir supporter  la punition que nous nous sommes infligés.

J’arrête parce que je vais abîmer ce tableau-là.

CS : Oui. « Laissons pouvoir ce qui peuvent, et le reste qu’il fasse des mots croisés. »

MOM : Ça aussi c’était une plaisanterie pour les lacaniens, parce que Lacan a dit (il l’a dit parce qu’en général on dit beaucoup de choses, c’est une plaisanterie), que comme ils ne pouvaient pas la réalité, vingt ans sont passés et ils ne peuvent toujours pas la réalité, parce qu’ils pensent mal, les lacaniens pensent mal. Ils ne veulent pas reconnaître que Lacan a dit plusieurs fois que lui il n’était pas lacanien mais freudien.

AD : Les lacaniens savent qu’on ne les écoute que quand ils disent du mal du Grupo Cero et ils passent leur temps à dire du mal du Grupo Cero.

MOM : Vous savez ce que c’est dire du mal du Grupo Cero ? Ce qu’ils disent ?

CS : Qu’est-ce que c’est ?

MOM : « Ce sont des gens qui passent leur temps à écrire, à peindre, à faire l’amour, qui passent leur temps à travailler, qui gagnent beaucoup d’argent tous les mois.Ça ce sont les critiques qu’ils nous font. Et après avoir gagné beaucoup d’argent ils le dépensent à n’importe quoi, en publications, en art, en poésie, ils le dépensent à subventionner des revues de 125.000 exemplaires… »Tout le monde lit le Grupo Cero et nous personne ne nous lit ». Voilà les critiques qu’ils nous font. Parce que bien sûr, l’autre critique qu’ils nous faisaient de la sexualité débordante, ils ne peuvent plus beaucoup nous la faire, parce que je ne sais pas qui je vais déborder moi, à l’âge que j’ai.

L’autre jour une des amantes de ma jeunesse qui m’a dit : «  Ne renie pas tant notre amour. Grâce au fit que notre amour fut si passionné maintenant tu peux peindre tant de tableaux, écrire tant de poèmes. Pour peindre et pour écrire ce n’est pas nécessaire que tu dises du mal de l’amour ». Elle a peut-être raison cette fille.

Saluez de ma part le patron de El País, parce que je sais que vous allez l’informer. Je ne suis pas convaincu que vous ne travailliez pas pour lui.

Je suis Satan ouvert aux blancs parfums du soir.
Un diable qui chante toute la journée des chansons d’amour.
Un diable mer, sortilège d’une nuit printanière,
une splendide nuit de feu pour les morts.

Ne voyez-vous pas qu’aujourd’hui je chante désespérément,
ainsi, aujourd’hui je chante, comme si j’allais vivre éternellement.
Petit chant, ardent, amoureux et fou,
obstiné et serein, chant des adieux.

Je suis le fulgurant secret du néant,
inquiétante, lointaine mélodie flétrie.

     MA CHÉRIE :

Dans les dissemblables festins amoureux de ton corps dans mon corps, je trouve dans les arguties de la raison toute ta beauté. J’ouvre les mirages de tes voix, mes amours occultes.

Ébloui par les arguties de la nuit, je tisse sur tes yeux ce délire, ouvert à la mansuétude des paroles les plus quotidiennes.

C’est ainsi que l’on doit aller par la vie, en chantant et en dansant !

Déblayons, ma chérie, les labyrinthes de la haine et apparaîtra en face de nous une immense montagne de chaleur et d’or.

AULA CERO de FRANÇAIS

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Il est arrivé fatigué, il s’est allongé et il a à peine pu balbutier :

-Elle, si je la laisse, elle transformera ma vie en un champ fauché pour toujours. Je ne me suis jamais senti aussi inutile et aussi sexuel à la fois. Presque une grande folie et elle, elle croit que ce qu’elle fait est normal. La grande folie c’est sa folie et ça , ça ne doit pas pouvoir s’arranger, il vaut donc mieux que j’apprenne à vivre seul, à dire que non.

-Que se passe-t-il ? lui ai-je dit, aujourd’hui vous n’avez pas envie d’associer librement ?

-Non -me dit-il avec simplicité-   il me semble brutal de devoir vous dire que c’est elle qui se trompe. Celui qui est bon pour l’asile, c’est moi et non pour gagner de l’argent, qui est ce dont elle a besoin…

- Nous continuons la prochaine fois.

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Amelia Díez Cuesta
Psychanalyste

Carlos Fernández
Psychanalyste

 SUR RENDEZ-VOUS :
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Móvil: 607 76 21 04

MADRID
AMELIAA@terra.es

 SUR RENDEZ-VOUS :
91 883 02 13
ALCALÁ DE HENARES (MADRID)
dr-carlosfernandez@wanadoo.es

 

Je dois pouvoir ordonner le cerveau féminin qui m’entoure, qui ne semble préparé que pour faire l’amour avec lui-même. Préparer le cerveau féminin pour la guerre, pour le commerce, pour la prostitution, et ce n’est pas vrai que ce soit elle qui l’exerce avec le plus de passion dans les sociétés actuelles ; l’homme, n’importe quel homme, un ouvrier par exemple, prostitue plus sa vie que la plus stupide des prostituées d’un bas quartier de Londres ou de Madrid.

Qu’en pensez-vous ?

Pornographie ou  Érotisme

Jusqu’à aujourd’hui les votes ont été les suivants :  

Pornographie : 150.000   Érotisme : 270.0000

 

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TRAITEMENT DE COUPLES

ATELIER DE LITTÉRATURE ÉROTIQUE

Miguel Martínez Fondón
Psicoanalista

Coordinateur:
Miguel Oscar Menassa

SUR RENDEZ-VOUS :
 
91 682 18 95
GETAFE (MADRID)

91 758 19 40  (MADRID)

 

 UN PEU DE POLITIQUE AU RAMASSAGE D´ORDURES 

1

 Le langage en général n’assure pas qu’il dise ce qu’il dit.

2

 Si je veux assurer quelque chose, je dois risquer quelque chose.

 3

Faire l’amour entre personne adulte, c’est ce que ne supporte aucun système. Vous avez-vu ?

4

Énergique volonté de vivre, ça c’est la vie. Le reste, des comptes mal faits.

LETTRES DU DIRECTEUR 

Si ma vie a l’aplomb de mes livres, je comprends pourquoi la société où je vis, ne veut me donner aucun type de crédit. Je devrai apprendre à mettre sur un autre ton mon écriture que ma vie, sinon, ils me feront mourir de faim, non de rire.

 Les couleurs ouvertes, de nuit, se regardent de nouveau dans le miroir que je conçois comme la propre âme des choses. Je veux dire, dans celle culture, l’argent est l’âme des choses. S’il est possible de faire, des choses, de l’argent, les choses ont de la valeur ; s’il n’est pas possible d’en faire de l’argent, elle n’ont pas de valeur.

 Indio Gris


ÇA C ‘EST DE LA PUBLICITÉ  

PLEURS DE L’EXIL

Auteur:
Miguel Oscar Menassa
75 pages
18 €, $ 20.00 
Cette publication contient treize planches avec
quelques-uns des meilleurs tableaux de l’œuvre
de Miguel Oscar Menassa.  

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Indio Gris